Quand les initiales s’emmêlent, entretien peu commun d’un bras avec une jambe: LEG interviews ARM

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Quand les initiales s’emmêlent, entretien peu commun d’un bras avec une jambe: LEG interviews ARM
Interview « Photographes »

Etant donné l’importance accordée à l’aspect corporel dans les travaux d’Arno Rafael Minkkinen, j’ai été ravie, mais pas vraiment surprise, quand j’ai remarqué le rapport entre nos initiales : ARM (« bras » en anglais) et LEG (« jambe » en anglais). Ce lien étrange fait un titre amusant, mais n’est pas très représentatif de l’entretien qui suit. Par un de ces jours gris, à Paris cette fois, quatre personnes se rencontrent dans un café pour parler du travail d’Arno : Arno, son collègue Kimmo Koskela, RD et moi-même. Cet entretien traite de leur volonté de collaborer à l’élaboration d’un film, de battre des records, ainsi que des derniers travaux d’Arno en Chine.

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© Arno Rafael Minkkinen, Bowtie Junction, White River, Vermont, 2005

LEG : La dernière fois, nous avons fini la discussion en mentionnant votre prochain projet de film. Sans nous dévoiler aucun secret, pourriez-vous nous dire en quoi votre œil de photographe vous a été utile dans cette entreprise cinématographique ?

ARM : Je résumerai notre avancement dans ce projet par une analogie: si l’on roule trop vite sur Park Avenue, à New York, entre la 42ème et la 86ème rue, on est ralenti par une succession de feux rouges. Si l’on roule trop doucement, on peut être sûr d’avoir tous les feux rouges. Mais si l’on trouve une vitesse intermédiaire, qui permet de rouler à son propre rythme, alors on peut avancer pendant un long moment, sans s’arrêter. La question est: où en sommes-nous dans notre projet cinématographique, en considérant que la 86ème rue représente la projection finale? A la 44ème rue, je dirai.

Nous avons le soutien de la Fondation Finlandaise du Film pour créer un film très ambitieux, à tel point qu’il nous faudrait peut-être en réaliser un autre avant celui-ci. Quoi qu’il en soit, nous en sommes à la quatrième réécriture du scénario. Nous continuons de le faire évoluer et de l’épurer. Comme je rédige tout dans le détail, le film allait pratiquement durer trois heures; je l’ai réduit à deux heures. Les péripéties de l’histoire et leur résolution continuent à s’entremêler. Au début, l’ensemble était assez disparate, maintenant il y a plus de cohésion. Le sens commence à émerger.

Ecrire le scénario et travailler avec Kimmo est un processus tellement enthousiasmant. Nous sommes tous les deux visuels. C’est un cinéaste fantastique: il a l’œil pour trouver un angle d’attaque original. Ce que nous voulons (ce que tout le monde veut) c’est créer quelque chose de nouveau dans le langage cinématographique et narratif. Ce que nous voulons, c’est une histoire qui captive le spectateur, qui continue à lui tourner dans la tête quand il se lève le lendemain matin, une histoire telle qu’il n’attende qu’une chose: que quelqu’un lui demande « Alors, tu en as pensé quoi ? »

L’harmonie des possibilités dans un travail collectif est un tel plaisir, un plaisir qui me porte dans cet aspect de ma vie; pour la photographie, c’est différent, il s’agit de découvrir des idées nouvelles et variées qui m’inspirent.

Kimmo K. : La plus grande différence tient peut-être au fait que la photo est un travail très individuel. Dans un film, en revanche, il faut prendre en compte tous les partenaires et l’argent, ce qui représente un boulot tellement conséquent que presque tout le travail est fait avant même de commencer le tournage. Je pense que c’est l’une des différences les plus importantes, surtout pour Arno.

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