Préliminaires sur la 13ème édition du festival de photo de nu

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Préliminaires sur la 13ème édition du festival de photo de nu

La photo de nu fascine et méritait bien sur qu'un festival soit créer pour célébrer cette discipline. Discipline majeure dans la photographie, au même titre que le portrait, la photographie de paysage ou de sport. On imagine assez bien que les aspects déontologiques et artistiques s'entrechoquent parfois au sein du jury et des organisateur. C'est pourquoi nous avons souhaité poser quelques questions à Bernard Minier, co-directeur de ce festival qui aura lieu en Arles au printemps 2013.

Quelles nouveautés pour le festival 13ème édition ?

Le festival s'enrichit d'une partie « projection » nettement plus importante, avec la volonté de présenter des auteurs que les difficultés économiques et la dure réalité du métier empêchent de produire leurs tirages. On ne résout pas tout de cette manière, le support ayant une importance dominante pour certains photographes, mais c’est une piste pour contourner un problème qui s'avère de plus en plus prégnant. Nous faisons également évoluer la soirée « Sortez les books » où chacun pouvait montrer son travail de façon conviviale mais informelle, en nous orientant vers une lecture de book sur inscription, qui permettra aux photographes de bénéficier des conseils et analyses de photographes reconnus, directeurs de galeries ou autres acteurs de la photographie.

Quelles sont vos attentes en tant qu'organisation ?

Notre souhait est de maintenir une programmation éclectique et en direction des jeunes auteurs, d'accueillir des photographes de l'Europe entière. Nous étudions la possibilité de présenter tout ou partie du festival sur d'autres cimaises en nouant des partenariats avec d'autres festivals ou structures de valorisation de la photographie. Je voudrais attirer l'attention des institutionnels sur la nécessité de soutenir sans failles des manifestations comme la nôtre qui sont très vulnérables financièrement.


Paul Von Borax

Quelle est votre pratique personnelle de la photographie ?

Photographe illustrateur à une période ou la diffusion de la photographie passait par les agences, je travaillais sur la vie quotidienne et la beauté féminine ce qui m'amena tout naturellement à une réflexion sur le corps et sa représentation. En réaction aux pratiques d'une photographie aseptisée et basée sur les codes de la publicité qui formate l'image du corps à grand renfort d'illusion et de retouches variées, je me suis orienté vers l'approche de l'autre et la pratique d'une photographie que je qualifie de « brute » : représenter le corps sans artifices, présence de codes sociaux, ni recherche d'une esthétisation.


Fabrice Numa

Diriez-vous qu'il y a un type de photographe majoritaire dans ce festival ?

Si un type de photographie se retrouve mise en avant ou majoritaire au sein des diverses éditions, ce n'est pas le résultat d'un choix ou d'une volonté délibérée de privilégier tel genre au détriment d'un autre. Notre moteur est la recherche de démarches artistiques personnelles, révélant d'abord des auteurs avec un souci d'originalité et de qualité photographique. Il n'y aucune exclusive, nous cherchons à respecter par exemple un équilibre entre les auteurs femmes et hommes sans chercher une parité mathématique.


Didier Michalet

Quelle place pour le nu masculin dans la photo de nu ?

A contrario il est vrai que le nu masculin est peu présent. Sur la centaine de dossiers retenus et sur lesquels nous avons travaillé pour sélectionner les photographes de cette édition 2013, le nu masculin était anecdotique, et les dossiers construits encore plus rares! Croyez bien que je le déplore et profite une fois encore de la tribune que vous m'offrez pour lancer un appel à dossiers aux photographes qui travaillent autour du corps masculin. Ceci dit, l'exception confirme la règle et notre prix Ilford-Réponses Photo de l'an dernier, Louis Blanc était un homme menant une recherche sur l'auto-portrait d'une grande qualité.

A la création de ce festival, l'idée de la lubricité de certains participants a dû vous concerner un petit peu ?... Comment traiter ce sujet et éventuellement écarter les possibilités de comportement de mauvais goût et laisser la part belle à l'art et à la beauté de l'image ?

La question de la lubricité, pour reprendre votre mot, se traite assez naturellement sachant que le mauvais goût des uns pourra faire recette chez d'autres. Nous ne faisons pas une sélection en fonction de nos propres goûts ou convictions, c'est évident. C’est toujours à la majorité de notre commission de sélection que nous prenons nos décisions de présenter un travail. Le festival investissant des lieux publics de nos partenaires institutionnels, nous nous devons d’en tenir compte. Cependant, aussi trash soit-elle, une photographie devrait pouvoir être montrée. Mais dans notre société ou les images mercantiles se donnent tous les droits, les démarches artistiques sont loin d’avoir la même liberté. Enfin, reconnaissez que bien souvent la lubricité prend d’abord sa source dans les yeux de celui qui les regarde, avant d’être présente dans les photos montrées.

Les modèles ont une présence qui n'est pas qu'autour de la pose, et de plus en plus d'entre elles ou d'entre eux sont associés activement à la photographie. Quelle proportion de ces modèles sont actifs diriez-vous ? Est-ce un peu pour cela que vous avez mis l'accent sur l'autoportrait dans la 12ème édition ?

Le rôle des modèles ou des personnes photographiées - la nuance me semble importante - est de plus en plus grande. Leur personnalité est souvent l'essence de la photographie et ils viennent en renforcer la construction et le sens. Mais cette question de savoir « qui fait la photographie » divise beaucoup les photographes ! Elle ne se pose plus dans le cadre de l'autoportrait qui fut un temps fort l'an dernier, en donnant la possibilité à de jeunes modèles-photographes ou photographes-modèles de montrer des travaux intimistes forts. Pour aller dans le sens de ces interrogations nous aurons vraisemblablement un atelier autour de cette problématique de la présence et de l'importance du rapport modèle photographe dans l'image dans l’édition 2013.

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