Pierre Terrasson, le "photographe rock"

portrait: 
Pierre Terrasson, le "photographe rock"
Interview « Photographes »

Peu de photographes musicaux peuvent se vanter d'avoir eu une carrière identique à celle de Pierre Terrasson et de capturer ainsi une grand partie de la scène rock 80's et 90’s. Période riche et éclectique en création musicale, Pierre a été le témoin privilégié de la naissance de groupes français qui ont marqué leur temps (de Téléphone en passant par Indochine ou les Rita Mitsouko), mais également de scènes musicales comme la batcave ou le hard rock.

« J’ai toujours eu une accointance avec la musique, c’est une rencontre entre nous deux, une histoire d'amour avec elle et la photo» confie Pierre de sa voix rauque avec un large sourire. Son père, directeur d'opéra, l’initie dès l'âge de trois ans aux plus puissants compositeurs de musique classique. En toute simplicité, il cite l'une des références paternelles comme Richard Wagner. La musique devient alors la compagne de route fidèle de ce mélomane passionné veillant comme une bonne étoile sur son protégé. A 14 ans, il s'inscrit à la maison des jeunes de Colombes avec quelques potes passionnés d'image comme lui et possède même son propre labo. Il est dans une phase beatnik et capture Alan Stivell, compositeur breton, à la MJC de Colombes. Pourtant, ce premier essai ne le mènera pas à la photographie. Dans les 70’s, il s’inscrit aux Beaux-Arts et « cherche sa voie durant 6 ans » sur les bancs de l’école. Il se spécialise en mosaïque et fresque murale. Avant-gardiste du Street art ? Fraîchement diplômé en arts plastiques, il part en suisse durant une année pour apprendre la restauration d’art. A son retour, la ville de Paris lui attribue un atelier à Aubervilliers où il enseigne la photo et le dessin pendant un an.

Mais l'appel de la liberté saisit Pierre, pris d'une furieuse envie de vivre. C'est la musique et la photo qui lui offriront cette chance. Il prend son boitier, part dans la rue et capture des instants du quotidien avec son œil d’artiste peintre – d’où sa préférence pour le format carré - « c'était un besoin de vie, c'est devenu un métier après car je me suis spécialisé dans la musique… » livre Pierre, « j’ai fait un choix de vie avec la photographie ».

Pierre qui aime les rencontres et les fortes personnalités, collabore avec des mensuels Rock comme « Best », « Rock et Folk », « Rock en stock ». Ses images se vendent bien et sa carrière est lancée. C’est bien avant le numérique, les magazines paient les clichés et les photographes peuvent capturer les meilleurs instantanés d'un concert « complet ».

Les 80’s sont les années fastes de la musique française et de la photographie argentique. Pierre constate avec regret « le numérique a emmené la gratuité... fin des 90’s, on a décrété que les photographes faisaient chier le public…ce qui faisait surtout chier, c’est qu’ils étaient ingérables et qu’ils revendaient leurs photos à droite et à gauche, c’était un manque à gagner pour le groupe… plus le droit de regard, car tu avais des mecs qui n’étaient pas spécialement bons et faisaient n’importe quoi… quand tu prends des coups de flash pendant deux heures, ça doit être saoulant… j’imagine ».

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