Le Turk : Une révolution photographique raffinée

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Le Turk : Une révolution photographique raffinée
Interview « Photographes »

Je vous propose de découvrir le style excentrique et raffiné de ce photographe dont on parle maintenant régulièrement dans les médias : Le Turk !

Son inspiration est un mélange de traditions françaises comme le cabaret façon Pigalle ou le cirque, mais provient également de l'histoire de France comme la "commune de Paris". Et oui, ce jeune homme est fier de son pays et de sa culture à laquelle il rend très souvent hommage. Pas de clone de David La Chapelle en vue, mais bel et bien un jeune photographe français à la fois élégant et irrévérencieux, avec un univers très proche des films de Caro et Jeunet. Il retouche peu ses photos et pourtant il parvient à nous faire voyager dans un univers sensuel et hors norme.

Bonjour Le Turk, peux-tu nous raconter comment ton amour de la photographie est né (même si on peut le lire en partie sur ton site) ?

À dire vrai, je n’ai aucun amour particulier pour la photographie ! La discipline en tant que telle ne me passionne pas du tout. J’aime simplement raconter des histoires (en photo, comme en cinéma, depuis peu).

Tu ne présentes aucune biographie, ce qui est assez originale pour un photographe talentueux comme toi, est-ce une volonté de ne pas parasiter l'interprétation de ton travail ?

Les biographies sont souvent nazes et ennuyeuses à lire. Et c’est bien normal, le concept est ridicule. Vous raconter quoi ? Mes années d’études ? Mon enfance ? Mes mois d’hôpital psychiatrique, pour confirmer que je suis bien cinglé ? Mes prix, mes « références » pour savoir si ça vaut le coup d’acheter du Turk ? C’est absurde. Qu’ils se débrouillent avec mon boulot. En parlant de Bach, j’ai dit ce que j’avais à dire et il n’y a absolument rien en dehors de ça. Car le reste c’est petit, ridicule, insignifiant. Et j’ai horreur de ça.

Un blog fan de ton travail te présente en trois mots : cynisme, décadence et authenticité, est-ce que cela te convient ?

Décadence et authenticité me vont très bien. En revanche, je n’ai aucun cynisme envers mes personnages, ni envers les sujets que je traite. J’ai pourtant essayé… Mais je n’arrive au fond qu’à ressentir une tendresse infinie. Le cynisme est pour moi en manque de foi, de cœur et de courage. C’est facile. Et c’est donc devenu très en vogue parmi mes contemporains...

Tu as un vrai univers très marqué, un responsable de votre galerie m'a dit que tu ne retravaillais pas tes images. Comment est-ce possible ? Les couleurs et la lumière de tes images sont tellement particulières. Tu as le droit de sortir ton joker !

Bien sûr que si je retravaille mes images. Personne ne délivre ses images brutes de capteur ! Mais ce qui est certain c’est que ce que vous voyez en photo, c’est ce que j’avais à peu près sous les yeux lors du shoot. Le reste, c’est un peu de travail basique sur les lumières, les couleurs. Tout est fait à la prise, je n’ai aucun secret, aucune recette miracle…

Quelles influences marquent ton univers ? La musique, la peinture, le cinéma, etc... ?

Mes influences sont contradictoires, innombrables et désordonnées… Je vous donne quelques pistes, en vrac : la culture populaire depuis les années 50, la BD américaine, l’Histoire de France, Bach, Mozart, Tom Waits, Fellini, la peinture romantique et symboliste, Otto Dix, Doisneau, le vin, les nanas. Vous.

Comment est-ce que tu réfléchis à ta mise en scène ? ça fonctionne comme un storyboard avec un scénario bien découpé ou bien marches-tu à l'inspiration ?

Si je commence à réfléchir je deviens extrêmement mauvais. Il y a finalement très peu d’intellectualisation, et heureusement. J’ai l’impression de ne rien avoir à « inventer ». Une image émerge en moi et demande d’exister. Une vision pressante. Je me rends disponible pour elle et je deviens son canal, son « serviteur ».

J'ai vu que pour certaine série tu avais réalisé une seule photo ? Est-ce que la mise en place de tes séances photo prend du temps ?

Vous parlez de Baby Alone ? Ce n’est pas une série à part entière. C’était une sorte de commande pour une exposition collective à Mazel Gallery. Tout dépend de la photo à construire. Il faut en moyenne une semaine de travail pour une grande composition.

Tu as réalisé la dernière campagne de publicité de la marque Blackitten, intitulé le chat noir, qui est définitivement dans l'esprit rétro parisien. Tu as également réalisé un magnifique tableau intitulé la commune. Si ce ne sont pas des thèmes imposés, est-ce une envie de rendre hommage à la culture française ?

Personne ne m’impose quoique ce soit. Parler de ma culture de mon pays, ce n’est pas une envie, c’est une urgence, c’est un impératif. De quoi d’autre d’ailleurs pourrais-je parler efficacement ? Mon pays, j’en suis fou amoureux. Comme je suis un fervent défenseur des Nations souveraines et libres d’Europe (et de plus loin, mais c’est elles que je connais le mieux). À qui je pense beaucoup en ces temps difficiles. 

Tu as gagné le concours PHOTO et as donc été publié en couverture, tu as bénéficié d'un réel engouement de la presse (Azart, Obsession Photo, etc.). Quel effet ça fait ?

Mon travail est fait pour les autres. Pour être vu et faire écho. Le vrai bonheur, c’est le partage, la communion. Et être diffusé m’apporte ça. Pour le reste, l’effet que ça fait… ? Je n’ai absolument pas le temps d’y penser ! Je ne vais jamais draguer les journalistes.

Tu as sorti un album de recueil de tes photos ? Il m'a semblé comprendre cela sur ton facebook ?

Non pas encore , mais c’est pour très bientôt. Il y aura des textes à moi… Ce sera très bien fait, j’y travaille depuis longtemps.

Est-ce qu'il existe un photographe qui t'inspire ? Ou dont les images t'émeuvent ?

Je connais finalement assez peu de photographes. Et globalement autour de moi peu m’inspirent. Je peux vous citer Saudek, Crewdson, Parr et Witkin. Mais avant tout c’est bien Doisneau qui me touche le plus, quasiment aux larmes. Car si je n’ai pas son œil, je partage au moins son amour et la tendresse infinie qu’il avait pour tout ce qui passait dans son viseur.

Le mot de la fin ?

Que Dieu vous garde. Merci pour cette interview.

 

Propos receuillis pars AB

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Fanpage : www.facebook.com/leturkphotographies

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