"La loge des rats" de Martial Lenoir

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"La loge des rats" de Martial Lenoir
Interview « Photo ou série photo »

J'ai découvert la série de Martial Lenoir "La loge des rats" via Facebook, grâce aux nombreux "Likes" de mes amies effeuilleuses burlesques. On peut dire que cela a été pour moi un vrai rafraîchissement, car je frôlais l'overdose des photos pin-Up, années 50, ultra colorées et exagérément saturées. J'ai ensuite rencontré le photographe au cours d'une soirée, qui a été très surpris que je connaisse son travail et ce, avec une réelle humilité. C'est ce que j'aime chez Martial, il crée des séries photos avec son âme et non pour faire la course à la notoriété. Ces photos sont d'une grande finesse, érotiques sans être vulgaires, avec une lumière d'une infinie douceur. J'ai donc l'immense plaisir de vous présenter ce grand artiste qui exposera le 28 mars à la Galerie Edition Photo.

Bonjour Martial, peux-tu te présenter ?
Difficile exercice que tu me demandes là, cela me rappelle mes premiers cours de théâtre. Et je ne me sens vraiment pas de faire une autobiographie. C’est pour cela que j’ai choisi de passer derrière l’objectif : pour me cacher
 
Tu as un parcours professionnel très élogieux, qu'est-ce qui t'a poussé à devenir photographe ?
La curiosité d’abord, car j’ai trouvé dans une armoire un vieil appareil ayant appartenu à mon père, et j’ai voulu apprendre à m’en servir. Et puis, plein de gens ont commencé à me dire que j’avais du talent alors j’ai persévéré. Je n’ai découvert que plus tard qu’ils voulaient juste des photos gratuites.

Tu as donc réalisé la série photographique intitulée "la loge des rats". Est-ce que les mises en scène de cette série étaient déjà dessinées dans ton esprit ou bien ont-elles évolué au gré des rencontres durant trois ans ?
La série a énormément évolué la première année, le temps que j’écrive vraiment l’histoire et qu’elle se fixe dans les années 30. Après la mise en scène comportait à peu près les mêmes rituels (il faut dire que l’espace était restreint), je ne faisais que m’adapter aux personnages qui me rendaient visite.

Pourquoi la loge des rats ? Est-ce qu'il y a une référence particulière dans le choix de ce titre ?
En fait au départ non. La première image (qui est la dernière dans le livre), je l’ai faite un peu par hasard. On m’avait prêté une salle de répétition de danse classique pour les enfants. Et je me suis aperçu que la lumière des vestiaires était particulièrement intéressante. J’y ai entrainé mon modèle et j’ai naturellement appelé cette image «  La Loge des rats ». L’histoire a en fait découlé du titre.


 

Comment as-tu choisis les modèles ? 
Très facile, à la même époque je faisais une série intitulée «  les garçonnes ». Je prenais donc les filles avec de petits seins pour cette série et celles avec des formes pour la série de la loge. J’exagère un peu, mais ce n’est pas très loin de la vérité.
 

Tu as une très belle façon de photographier la nudité tout en douceur et sensualité. Est-ce que le travail de traitement de tes images est plus important que la prise de vue ? Ou bien étudies-tu la lumière en fonction de tes désirs ?
Il y a en fait très peu de travail des images, je suis nul en retouche car je n’ai jamais appris. Tout doit être donc fait à la prise de vue. Dès que je passe plus de 20 minutes sur une image, c’est qu’elle est ratée. Je passe à une autre.

Tu présentes donc une nouvelle série photographique intitulée “ les reflets du désordre”, tes mises en scènes sont particulièrement érotiques, il y a un jeu de reflets avec des miroirs qui dévoilent l’intimité du modèle. Comment cette idée t’es venue à l’esprit ?
Là encore, l’idée est partie d’une séance avec un modèle. Je voulais travailler sur l’intimité physique. Mais pas de manière directe et cela faisait un moment que je tournais autour. Puis c’est elle qui s’est placée de manière opposée, faisant apparaitre la première image. Depuis je rajoute un peu plus de miroirs à chaque fois. Mais je ne suis pas encore tout à fait au point, il faut que je creuse un peu plus le sujet.

Je trouve que certaines photos de ta nouvelle série sont comme un hommage à Gustave Courbet est-ce le cas ?
Ça c’est un compliment qui me touche. Je regarde très peu de photos en fait, le sujet ne me passionne pas. Par contre, j’ai une passion pour la peinture et je vais régulièrement au Louvre, ou au Musée d’Orsay. Je m’inspire beaucoup de tableaux et de leur lumière, particulièrement pour cette nouvelle série.
 

Cette exposition sera installée du 28 mars au 10 avril 2013 à EDITION PHOTO 21 rue Notre Dame de Nazareth 75003 Paris M° République / Temple

Propos recueillis par AB

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