Découvrir la librairie photographique Hors Format à Bruxelles

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Découvrir la librairie photographique Hors Format à Bruxelles
Interview « La photo et le livre »

Passionné de livres et de photographie, Laurent de Hemptinne est le gérant de la librairie photographique Hors Format à Bruxelles. Il a fait le pari de reprendre fin 2012 la librairie Husson, l’unique librairie spécialisée en ouvrages photographiques de Belgique. Un espace où il fait bon flâner, redécouvrir des classiques ou dénicher la perle rare, avec ses conseils avisés.

Quel est ton parcours professionnel ?
J’ai étudié à l’EPHEC, l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Commerciales  à Bruxelles en commerce international. A ma sortie de l’école, j’ai fait des petits boulots, c’était une période délicate pour le marché du travail. A mon retour d’un long voyage en Asie, j’ai fait une formation en Gestion de Projet en Communication et Production Graphique. J’ai commence par un stage aux éditions Luc Pire, une des plus importantes maisons d’éditions belges à l'époque. Ils cherchaient quelqu'un pour la partie commerciale pour développer leur distribution et ils m’ont embaûché en tant que diffuseur auprès des librairies de Bruxelles et de Wallonie. J’y ai vécu de belles années. Je présentais les nouveautés chaque mois, j’assurais les suivis de commande ainsi que la mise en place d’événements commerciaux comme des séances de dédicace, des forums ou des séances de lecture.

J’ai ensuite travaillé à l’atelier 340 à Jette, un centre d’art contemporain, dans la diffusion et la vente de cartes postales auprès des libraires, des musées, des centres touristiques en Belgique mais aussi un peu partout en Europe. Nous avions quatre ou cinq maisons d’éditions spécialisées en cartes postales dont l’éditeur bruxellois Husson, le BPS.22 de Charleroi et le MAC’s du Grand Hornu, deux centres d’art contemporain.

Quel est ton lien avec la photographie ?
Adolescent, j’avais déjà un intérêt pour la photographie. Je me souviens avoir reçu un appareil photo à mes 15 ans. Un peu plus tard, j’ai suivi des cours de à l’académie d’Etterbeek puis j’ai étudié à l’Ecole de photographie de la ville de Bruxelles en cours du soir. Je voulais apprendre et maîtriser les techniques photographiques. J’ai obtenu le diplôme de photographe de la ville de Bruxelles fin 2007. J’ai beaucoup photographié pendant mes divers longs voyages.

Comment as-tu décidé de reprendre la librairie Husson ?
J’avais vu que Michel Husson, qui avait créé en 2006 la librairie Husson spécialisée en livres photographiques, cherchait un repreneur pour pouvoir se consacrer davantage à l’édition. Je me suis dit « pourquoi pas ? » Je connais le métier de libraire en ayant fait celui de diffuseur et je suis passionné par la photographie et les livres. L’idée a trotté dans ma tête. Je n’étais pas satisfait professionnellement, je voulais m’épanouir. Cela m’est apparu comme la voie que je cherchais depuis longtemps. Je n’aurais jamais imaginé faire cela quelques mois plus tôt.

Qu’as-tu découvert en exerçant le métier de libraire ?
J’ai découvert un stress permanent que je ne connaissais pas avant. C’est une gestion de tous les jours. Il faut être rigoureux et effectuer des tâches qu’on n’aime pas toujours. Il faut accepter aussi qu’il y ait des jours sans vente. Pour un commerce, c’est de toute façon la première année qui est la plus difficile.

Quels sont tes objectifs et quels sont tes projets pour la librairie ?
Dans un premier temps, j’essaie de me faire connaître en tant que librairie spécialisée et de constituer un large échantillon de livres. J’essaie d’avoir un maximum de livres différents, des classiques et des livres beaucoup plus pointus, quitte à n’avoir qu’un seul exemplaire pour certains. Je me rends sur les festivals dédiés à la photographie et je rencontre les maisons d’édition pour dégoter des ouvrages intéressants. Pour anticiper la demande, je suis bien sûr attentif aux expositions qui vont avoir lieu et aux nouvelles parutions. Parfois c’est un client qui me signale la sortie d’un livre.

La concurrence est difficile avec les grandes librairies ou les sites de vente en ligne. Mais pour les achats de livres en ligne, les ouvrages peuvent être épuisés ou arriver en mauvais état. Dans une librairie spécialisée, on achète en connaissance de cause et on peut tomber sur des choses introuvables ailleurs.

Je projette de développer la partie galerie en exposant régulièrement des photographes et en organisant des séances de signatures de livres par les auteurs. Une première a d’ailleurs déjà eu lieu avec l’exposition des photographies d’Italo Morales, « Overnight generation » et la signature de son livre.

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Comptes-tu beaucoup de photographes parmi tes clients ?
Les gens qui achètent des livres de photographie ne sont pas forcément photographes, ce sont d’ailleurs peut-être les photographes les plus mauvais clients ! Beaucoup ne veulent pas voir trop d’images pour ne pas se laisser influencer. C’est aussi un métier assez dur avec lequel on ne gagne pas facilement sa vie, il y a donc d’autres priorités.

Quel est ton rayon préféré dans ta librairie ?
Je suis très intéressé par la photographie asiatique, j’ai donc porté une attention particulière à ce rayon. C’est une photographie décomplexée et assez frontale comme chez les japonais Moriyama ou Araki. Comme la photographie ne fait pas partie de la culture traditionnelle du pays et que celle-ci est très rigide, c’est une autre approche de l’image, ils sont plus extrêmes que les occidentaux dans son utilisation. Il y a à la fois un côté très violent et une certaine pudeur dans leurs images.

J’ai également un grand intérêt pour les photographes des pays de l'Est qui ont aussi une approche assez frontale de la photographie.  Il ne faut pas non plus oublier les jeunes photographes belges qui prennent de plus en plus d’ampleur sur le marché de la photographie.

A quoi es-tu sensible dans un livre photographique ?
Je suis évidemment sensible à la qualité du papier et de l’impression. C’est aussi le côté « objet » du livre qui m’intéresse. Je m’arrête parfois sur une couverture, par exemple celle du livre « la valise mexicaine » que je trouve magnifique.

J’ai quelques livres rares qui restent abordables, comme ceux du photographe australien Max Pam ou de l’édition française Bessard.

J’ai par exemple un livre de Wang Qingsong, « History of Monument », qui est une reproduction de fresque en photographie qui mesure 8,40m de long une fois déplié. Je dispose aussi du très beau petit livre de Lise Santarelli au tirage limité, « Bella Ciao » ou « Il Pittore futurista » de Paolo Ventura, ainsi que des tirages de tête des Editions Husson.

Propos recueillis par MO

HORS FORMAT Photography Bookshop and Gallery

Chaussée d'Alsemberg 142
1060 Bruxelles

http://www.horsformat.com

 

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