Bertrand Tran : l’œil et l’instinct

portrait: 
Bertrand Tran : l’œil et l’instinct
Interview « Photographes »

Bertrand Tran est un photographe humaniste dont le travail se rapproche énormément du photojournalisme. Les grands noms de ce courant l’inspire et l’influence. Instinctif, Bertrand Tran voyage et observe. Il saisit alors des moments de vie et nous offre des photographies qui ne peuvent laisser insensible. Alliant intemporalité, mélancolie ou encore ironie, le style de Bertrand Tran est définitivement singulier.

Pouvez-vous définir en quoi consiste votre travail ?
Je suis actuellement manager dans une boîte qui développe des solutions de traitement de réservations pour l'industrie du voyage. Accessoirement il m'arrive de faire un peu de photographie !

Les sorties entre amis et voyages sont l'occasion pour moi d'immortaliser les petites anecdotes de la vie quotidienne. Je ne suis pas un chasseur d'images qui fait des sorties photographiques. De nature discrète et curieuse, je subis les évènements qui m'entourent: un baiser, un chien, un enfant. Mon style est un mélange entre photojournalisme et photographie d'art.

Vous dites être influencé par des photojournalistes tels que Marc Riboud ou encore Robert Doisneau. Qu’est-ce qui vous attire chez ces photographes ?
J'ai beaucoup d'admiration pour les photographes humanistes. En particulier j'affectionne beaucoup le travail des photographes de l'agence MAGNUM. Ils ont ce don à savoir composer sur le vif et avec grâce. Elliot Erwitt fait partie des photographes dont je suis fan; il est le seul à apporter ce côté espiègle à ses clichés.

Votre travail est essentiellement basé sur des portraits. Qu’est qui vous intrigue tant dans la photographie humaniste ?
Je suis plus sensible aux photographies impliquant des gens. Elles révèlent davantage d'émotions et je les trouve moins tristes que les photographies de natures mortes ou de paysages.

Votre empreinte se retrouve surtout dans l’usage du noir et blanc. Pourquoi ce choix ?
Je suis quelqu'un qui ne sait qu'aller à l'essentiel. Or la couleur est anecdotique et distractive. Le noir et blanc me permet d'aller droit au but avec une touche de mélancolie et d'intemporalité.

Vos photographies sont numériques alors qu’avec votre utilisation du noir et blanc on s’attendrait plutôt à de l’argentique. Est-ce pour vous un moyen d’ajouter un brin de modernité dans votre photographie ?
Mon premier appareil était un reflex numérique que je me suis procuré il y a 6 ans. Depuis je n'ai acheté que du matériel numérique. L'argentique demande de la patience et malheureusement je ne suis pas capable d'attendre pour voir le résultat. Ceci dit, j'adore le rendu et ai commencé à m'y mettre "juste pour voir". J'ai déjà acheté quelques pellicules. Il ne reste plus qu'à!

Le flou est également très significatif dans vos photographies, tout particulièrement dans « Good Morning Vietnam » où l’idée de mouvement et de moment est très perceptible. Comment avez-vous procédé ?
Je photographie la plupart du temps à grande ouverture, pour isoler au maximum mon sujet. J'avoue ne pas avoir cherché à créer un effet de mouvement sur ma série du Vietnam. C'est plutôt parce que le sujet était en mouvement et que j'utilisais un autre type d'appareil photo (télémétrique) dont les réglages et le rendu sont différents.

Vous avez réalisé un travail documentaire pour Toddler Music. En quoi consistait ce travail ?
J'ai assisté à quelques cours d'éveil musical pour faire une série de photographies pour une amie dans le cadre de son travail. J'aime la musique et ai toujours eu un intérêt très prononcé pour l'éducation. A travers cette série, l'idée est de rappeler à quel point la musique contribue au développement de l'imagination, la sensibilité et la créativité des enfants.

Vers quoi souhaitez orienter votre travail ? Pensez-vous à une photographie plus engagée à l’instar de Marc Riboud ?
Je ne songe pas à me diriger vers un style plus engagé, comme celui de Marc Riboud et son travail témoignant de l'atrocité de la guerre. Par contre, il m'arrive de plus en plus de faire des mise en scènes, à défaut d'attendre de voir certaines situations se passer dans la vie réelle.

Est-ce que vous pensez à ces photographes pendant la prise de vue où est-ce que leur influence est discrète et reliée à votre mode de création?
Leur influence est dé-corrélée de mon travail photographique. Mes prises de vues sont sur le vif, je n'ai donc pas le temps de penser à ces photographes.

Comment abordez-vous vos sujets? Vos photos sont-elles toutes prises sur le vif ou est-ce que vous cultivez des échanges avec vos sujets?
La plupart des mes photographies sont prises sur le vif. Il m'arrive certaines fois de demander à des inconnus de s'arrêter pour que je les photographie, sans mise-en-scène (cf. série "Vietnam Babies"). Lorsqu'il s'agit de mise-en-scènes, je fais appel à des proches qui ont l'habitude de me côtoyer et qui ont donc moins de mal à être naturel. Mais mes résultats sont toujours moins réussis que les photographies prises sur le vif.

Site du photographe

Compte Facebook du photographe

Propos recueillis par GT

Social

Gardez le contact

Nos partenaires