« Solitude » une photo de nu, du contexte jusqu’à la Post-production.

portrait: 
« Solitude » une photo de nu, du contexte jusqu’à la Post-production.
Interview « Photo ou série photo »

François Benveniste est un passionné de la photo de nu et un amoureux de la post-production photographique. Il aime à partager ce travail numérique avec ses condisciples photographes sur des forums d’amateurs éclairés. C’est à ce titre que lesphotographes.com lui a demandé de décortiquer une de ses récentes photos de nu pour nous montrer son parcours, depuis sa relation au modèle (voir interview sur l’ensemble de son travail ici) jusqu’à l’image finie. Les détails techniques ne sont pas incroyablement difficiles mais requiers toutefois une petite maitrise des logiciels comme Photoshop.

François Benveniste, quand on regarde votre photo, on a envie de savoir d’où proviens cette image ?

Les gens me demandent : « comment vous faites pour avoir toutes ces idées pour prendre ces photos ? ». Je n’ai aucune idée pour prendre des photos ! Dans le cadre de celle-ci, j’ai demandé à Liloo ma modèle, de "se poser là", ça viens comme ça. Ensuite je vois la photo, la pose est intéressante, la modèle a une attitude explicite mais elle a l’air en même temps très loin dans ses pensées. J’ai appelé cette photo « solitude » car la masturbation est une problématique solitaire mais elle est doublement seule car elle n’est même pas à ce qu’elle fait !
Là c’est une photo ambigüe et c’est ce qui me plaît. Je rate souvent mes photos car elles ne sont pas aussi ambiguës que je le voudrais pour moi. Mais ce n’est que ma vision, et je pense que les impressions de l’auteur sont complètement hors-sujet quand il s’agit d’apprécier soi-même une photo. Chacun y voit ce qu’il veut, et si certain voit dans celle là une fille qui est en train de réfléchir aux recettes de fraises à la crème, grand bien leur fasse !! Je ne me sentirai pas trahi mais en plus je ne me dirai pas que le spectateur n’a pas compris ce que je voulais faire. Je ne suis pas dans le métier de faire passer des messages.

Dans quel cadre elle a été prise ?

Cette photo a été faite à Bruges. Pour quoi Bruges ? Parceque c’est un endroit sympa avec des beaux décors. Et puis il y a toujours la même ambivalence quand je me dis « on va aller là parceque le décor est chouette » et puis au final je m’enferme dans une chambre d’hôtel et puis je me retrouve en tête à tête avec le modèle ! Au final cette photo aurait pu être prise n’importe où, mais c’est à Bruges.
Cette modèle, Liloo, fait partie des modèles avec qui j’ai travaillé plus de 10 séances, et avec qui j’ai une relation de confiance très étroite.

Cette photo, vous l’avez aimé tout de suite, à la prise de vue ?

Oui, la pose m’a plut. Au shoot elle est de mauvaise qualité, mais ça ne m’angoisse pas car je sais ce que je peux en faire.
Ce n’est pas une photo extraordinaire au niveau de la post-production car le sens de la photo n’a pas été changé par cette post-production. Mais c’est malgré tout un peu de travail au vu des choses à retirer dans le décor. Malgré tout, ce n’est pas le pire comparé à certaines photo où il faut détourer entièrement le sujet au premier plan juste pour pouvoir augmenter le contraste du fond.
Pourquoi elle est de mauvaise qualité ?
Elle est sous-exposée, c’est le bazar dans la pièce autour du sujet, on voit la boite à lumière à droite, chambre d’hôtel trop petite, reflet dans la glace etc…

Donc il faut sauver la photo ?...

Ce n’est pas exactement un travail de sauvetage. Moi je sais en un clin d’œil que tout ce bazar peut disparaitre à la post-production. C’est une question de temps que je suis prêt à y passer.
Je l’ouvre dans Caméra Raw, et la première chose que je regarde c’est jusqu’où je peux aller en termes d’exposition. Quand je pousse les manettes un peu loin pour récupérer de la lumière et que des zones deviennent "brulées", grâce au format Raw je peux utiliser la fonction « récupération » pour redescendre les trop hautes lumières.
Une fois que j’ai fait ça j’ouvre l’image dans Photoshop, je réfléchis à la problématique de cadrage, c’est toujours la deuxième étape. Pour celle-ci c’est vrai que j’ai essayé de me retirer un peu du travail de retouche ! Je me suis mis au ras du fauteuil pour garder cet élément à droite et j’ai coupé un peu à gauche. Le sujet est centré mais ça me plaît.
Ensuite je travaille sur la colorimétrie. Je désature toujours pas mal. Et enfin pour les parties de la photo dont les lumières sont un peu basses ou un peu hautes, je travaille avec plusieurs calques Photoshop et des masques de fusion pour ne laisser apparaître que les endroits choisis. Tout ça est bien sur scripté dans le logiciel pour que je puisse aller plus vite et m’éviter trop de manipulation qui prennent du temps. Enfin il y a le gros travail de tamponnage et de « sparadrap » sur Photoshop pour retirer les éléments disgracieux de la prise de vue. Contrairement à ce qu’on croit l’essentiel de la retouche ce n’est pas le tampon mais plutôt d’utiliser des zones entières (comme pour le mur par exemple) et de les dupliquer pour cacher un élément. C’est là que le fameux sparadrap de Photoshop devient un flouteur et un créateur de transition de rêve pour ces retouches. Si je dois utiliser le tampon, et comme c’est un peu brutal, je règle son efficacité sur 6% ou 7%, jamais plus.
Quelque chose qu’il ne faut jamais oublier de faire c’est, une fois le travail terminé, de monter les courbes au maximum pour voir l’impact de ses retouches sur la photo. Si l’endroit des retouches ne montre pas de défaut, c’est que le travail sur l’ensemble est bon.

Propos recueillis par RD

voir interview complet sur François Benveniste ici.

Lien vers le site de photographies de François Benveniste.

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